GMA T.50 : la dernière du genre ?

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OTO-News (GMA T.50) – Vous avez aimé la McLaren F1, cette icône de la voiture de sport des années 1990 entrée dans la légende pour avoir remporté les 24 Heures du Mans dès sa première participation en 1995 ? Il y a de fortes chances pour que vous tombiez sous le charme de la dernière création de Gordon Murray, la T.50, celle-ci pouvant être présentée comme une version optimisée de son illustre aïeule. D’ailleurs, elle ne se cache pas d’en reprendre les principes fondateurs comme l’organisation de l’habitacle à 3 places et poste de conduite central, ou le choix d’un V12 atmosphérique entraînant les seules roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte manuelle 6 rapports à grille en H et, bien sûr, une quête obsessionnelle de la légèreté.

Optimisation

Un cahier des charges avec lequel Gordon Murray savait, presque 30 ans plus tard, qu’il était possible de faire mieux, d’aller plus loin, en corrigeant au passage les défauts les plus irritants du modèle originel. Car en dépit de ses qualités, la McLaren F1 était, de l’aveu même de son concepteur, dotée d’un éclairage indigne de son niveau de performances, d’une climatisation médiocre, tout en se montrant inutilement coûteuse et complexe à entretenir en raison notamment d’un réservoir de carburant souple nécessitant un remplacement tous les 5 ans et, par voie de conséquence étant donné son emplacement, le démontage de l’ensemble de sa mécanique à chaque opération.

Ultralégère

Pour commencer, les progrès réalisés en matière d’outils de conception et de matériaux ont aussi permis d’obtenir une voiture encore considérablement plus légère que la F1 : 980 kg (957 à sec, c’est-à-dire sans aucun fluide embarqué) contre 1140 kg à la McLaren. Une performance d’autant plus impressionnante que la T.50 (Lxlxh : 4,35×1,85×1,16 m) est légèrement plus grande que la F1 (Lxlxh 4,29×1,82×1,14 m) tout en demeurant très compacte puisqu’elle reste, par exemple, 17 cm plus courte que la dernière génération de Porsche 911.

12 100 tr/min

Cet allègement doit aussi beaucoup à celui de la mécanique : la boîte manuelle Xtrack pèse 10 kg de moins que celle la McLaren, mais surtout le V12 conçu et développé par Cosworth accuse 65 kg de moins que le bloc BMW sur la balance. Bien que d’une cylindrée très nettement inférieure – 3,9 l au lieu de 6,1 l – il se montre pourtant un peu plus puissant que celui de la McLaren F1 avec 663 ch contre 627, grâce notamment à son régime d’obtention himalayen : 11 500 tr/min au lieu de 7 400. À 12 100 tr/min, le régime maximal est d’ailleurs le plus élevé jamais pratiqué par une voiture de route.

Le retour de l’aspirateur

Le principe du ventilateur d’aspiration défriché par Gordon Murray en Formule 1 dès 1978 sur la Brabham BT46B est repris par la T.50 dans une version beaucoup plus sophistiquée. Imposant avec ses 40 cm de diamètre, il est entraîné ici par un moteur électrique alimenté en 48V et principalement utilisé pour augmenter la déportance sans utiliser d’aileron disgracieux ou de fragile lame avant puisque le diffuseur dans lequel le ventilateur aspire l’air génère une déportance équilibrée, son centre d’application étant situé à proximité du centre de gravité de la voiture. Mieux, selon le mode utilisé, ce ventilateur permet aussi de réduire la traînée (jusqu’à 12,5 %) en remplissant la zone de dépression et de turbulences générée à l’arrière de la voiture lorsqu’elle se déplace à haute vitesse. Enfin, un mode freinage d’urgence permet de doubler l’appui aérodynamique et ainsi de gagner ainsi jusqu’à 10 mètres sur la distance d’arrêt depuis une vitesse de 240 km/h.

100 exemplaires

La T.50 est en revanche très classique en matière de châssis, avec des triangles superposés à l’avant comme à l’arrière, et une suspension entièrement passive combinant ressorts hélicoïdaux et amortisseurs hydrauliques. Contrairement à la McLaren F1, elle est dotée d’une assistance de direction (électrique), mais celle-ci n’est active qu’à très faible allure, pour faciliter les manœuvres, puis débrayée lorsque la vitesse augmente afin de garantir le meilleur retour d’information possible par le volant. Le prix de la T.50, dont la production sera limitée à 100 exemplaires, a été fixé à 2,6 millions d’euros H.T. (3,12 millions T.T.C.). Les livraisons devraient commencer début 2022.

 

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