Ferrari SF90 Stradale : l’hybride rechargeable plutôt que l’électrique

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Oto-News (Ferrari SF90 Stradale) – Première Ferrari rechargeable, la SF90 Stradale cumule 4 roues motrices, 1 000 ch, et une autonomie de 25 km en mode « zéro émission ».

Ferrari aussi succombe aux sirènes de la fée électricité, mais à son rythme. Louis Camilleri, le président de la marque de luxe italienne, a ainsi récemment écarté l’hypothèse du lancement d’une Ferrari 100 % électrique à court terme. En tout état de cause, il ne faudrait rien espérer dans ce domaine avant 2025 et l’arrivée programmée d’une nouvelle génération de batterie plus performante.

V8 biturbo

En attendant, c’est avec la technologie hybride que Ferrari maîtrise pour l’avoir utilisée en F1 depuis 2009 que débute l’électrification des supercars italiennes. Après une première expérience sur un modèle de route avec la « LaFerrari » lancée en 2013 qui combinait V12 et hybridation légère, les ingénieurs de Maranello passent au stade supérieur avec la SF90 Stradale (SF pour Scuderia Ferrari) à V8 biturbo et hybridation rechargeable : par rapport à la « LaFerrari », la capacité de la batterie a quasiment quadruplé (de 2,3 à 7,9 kWh) afin, à la fois, d’augmenter la puissance électrique de la chaîne de traction (qui passe de 120 à 162 kW, soit de 163 à 220 ch), mais aussi, et surtout, son rayon d’action.

Traction électrique

Ainsi, alors que la « LaFerrari » se contentait d’une seule machine électrique intégrée à sa boîte de vitesses pour suppléer son V12 de manière transitoire, la SF90 dispose de 3 machines électriques, une dans la boîte de vitesses, et deux sur l’essieu avant, permettant ainsi d’entraîner chaque roue antérieure individuellement pour agir sur le comportement. Résultat : la SF90 peut, et c’est une première pour Ferrari, être conduite comme une traction avant électrique sur une distance de 25 km à condition d’avoir été préalablement chargée sur secteur. Baptisé eDrive, ce mode de conduite garantit ainsi à la SF90 d’accéder jusqu’aux centres-ville qui pourraient, dans un avenir proche, être réservés aux véhicules « zéro émission ».

Hybride 4 roues motrices

Au-delà, ou si la demande de puissance excède celle de la batterie, la SF90 devient une hybride 4 roues motrices pouvant développer jusqu’à 1 000 ch de puissance cumulée lorsque son V8 biturbo de 780 ch est sollicité. Ce bloc est une évolution de celui des 488 Pista et F8 Tributo : sa cylindrée a été légèrement revue à la hausse (de 3 902 à 3 990 cm³) par une augmentation de l’alésage, tandis que la pression du système d’injection directe d’essence a été portée à 350 bars afin de pouvoir augmenter le volume injecté à pleine charge tout en préservant une bonne finesse de pulvérisation du carburant, garante de la qualité de combustion. La boîte double embrayage 7 rapports Getrag utilisée ces dernières années cède la place à une unité 8 rapports Graziano.

Plus performante qu’une « LaFerrari »

La structure de la SF90 reste en aluminium, à la seule exception de la paroi en plastique renforcé de fibres de carbone séparant la mécanique de l’habitacle. Malgré sa chaîne de traction hybride, la SF90 ne pèse que 1 570 kg, à comparer aux 1 763 kg de la Honda NSX d’architecture approchante, mais à la batterie pourtant plus petite (environ 1 kWh). Mieux, malgré un rapport poids-puissance légèrement moins bon que celui de la « LaFerrari » (1,6 contre 1,4 kg/ch), la SF90 se montre plus performante que cette dernière sur circuit, grâce à ses 4 roues motrices bien sûr, mais aussi à son aérodynamique plus sophistiquée : outre un aileron arrière mobile, la dernière création de Maranello peut compter sur des jantes dont le dessin directionnel des rayons ou bâtons agit comme les pales d’un ventilateur pour extraire l’air et ainsi mettre en dépression l’intérieur des passages de roue afin d’augmenter la déportance. La charge verticale qui contribue à plaquer la voiture au sol au bénéfice de la tenue de route et du freinage peut ainsi atteindre 390 kg à 250 km/h. Résultat, lorsque la SF90 Stradale coupe la ligne d’arrivée de son tour lancé de la piste de Fiorano, la « LaFerrari » est encore 64 mètres derrière…

Moins de 450 000 euros

l’intérieur, la SF90 innove par l’adoption d’un bloc d’instruments à écran numérique incurvé complété par un affichage tête haute. Quant aux pavés tactiles à retour d’effort disposés sur le volant, ils permettent au conducteur d’accéder à un nombre de fonctions accru tout en restant parfaitement maître de sa trajectoire.

Pas forcément superflu s’agissant d’un engin de 1 000 chevaux. Bonne nouvelle pour les clients potentiels du modèle, la SF90 dont les premières livraisons sont attendues pour le courant 2020 sera beaucoup plus abordable que la LaFerrari. Alors que cette dernière se négociait près de 1,2 million d’euros, la SF90, il est vrai moins exclusive puisque sa production ne sera pas limitée, coûtera finalement moins de 450 000 euros.

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